Volume 32, mai 2008, pp. 1.


L’appropriation des « objets de savoir » relatifs aux titrages acide-base par les élèves et les étudiants tunisiens


OUERTATANI Latifa, doctorante, institut supérieur de l’éducation et de la formation continue, université de Tunis, Tunisie. DUMON Alain, professeur, IUFM d’Aquitaine, antenne de Pau et équipe DAESL du laboratoire « cultures, éducation, sociétés », université Victor Segalène-Bordeaux 2, France.

Résumé
Dans ce travail, nous nous proposons de comparer les objets de savoirs que se sont appropriés des élèves de terminale (grade 12) et des étudiants de première année universitaire tunisiens pour décrire les titrages acide-base. Sont-ils capables de mettre en relation les différentes figurations symboliques (équation de réaction, courbe de suivi pH-métrique, relations numériques) avec les lois et les théories du langage de la chimie ? Comment circulent-ils entre le référent empirique et le monde des théories et modèles ? Utilisent-ils des modes de raisonnement (et/ou des conceptions) alternatifs ? Les résultats obtenus permettent de dire que de nombreux apprenants se sont appropriés les objets de savoir relatifs aux dosages acide-base sans une véritable compréhension scientifique. Ils se lancent dans les calculs ou des interprétations sans procéder à une réflexion sur la composition du système chimique. Cette compréhension partielle semble résulter de leur incapacité à mettre en relation le référent empirique avec le monde des théories et modèles. Certains d’entre eux utilisent alors des modes de raisonnement (ou des conceptions) alternatifs pour répondre à nos questions.
Abstract
In this work, we propose to compare the objects of knowledge that grade 12 and first-years university students in Tunisia appropriated to describe acid-base titrations. Are they able to connect the various symbolic representations (chemical equation, pH curve titration and numeric relations) with the laws and theories of the chemistry language ? How do they circulate between the empirical referent and the world of theories and models ? Do they use alternative ways of reasoning (and/or alternative conceptions) ? The obtained results allow us to consider that numerous students have been appropriated these objects of knowledge without real scientific understanding. They rush into the computations and interpretations without reflecting on the composition of the chemical system. This partial understanding seems to result from their incapacity to connect the empirical referent with the world of the theories and models. Then, some of them use alternative ways of reasoning (or conceptions) to answer our questions.

Resumen
En este trabajo nos proponemos comparar los objetos de saber que se han apropiado alumnos de 2° de Bachillerato (grado 12) y estudiantes de primer curso universitario tunecinos para describir las titulaciones acido/base. ¿Son capaces de poner en relación las diferentes figuraciones simbólicas (ecuación de reacción, curva de seguimiento ph-métrica, relaciones numéricas) con las leyes y las teorías del lenguaje de la química? ¿Cómo circulan entre el referente empírico y el mundo de las teorías de los modelos? ¿Utilizan modos de razonamiento (y/o concepciones) alternativos? Los resultados obtenidos permiten decir que numerosos alumnos y estudiantes se han apropiado los objetos de saber relativos a la dosificación acido/base sin una verdadera comprensión científica. Se lanzan en cálculos o interpretaciones sin proceder a una reflexión sobre la composición del sistema químico. Esta comprensión parcial parece resultar de su incapacidad a poner en relación el referente empírico con el mundo de las teorías y de los modelos. Algunos de ellos utilizan entonces modos de razonamiento (o concepciones) alternativas para contestar a nuestras preguntas.